Les Alasitas
La tradition des Alasitas
Les "alasitas" sont des miniatures de toute sorte d'objets qui se vendent dans des marché et des foires un peu partout en Bolivie au début de la saison de pluies, mais spécialement à La Paz le 24 janvier de chaque année. « Alasita » est un mot aymara qui veut dire « achète moi ». C'est une célébration à Ekeko, le dieu de l'abondance à qui on offre ainsi des miniatures qui représentent les rêves qu'on souhaite voir réaliser dans l'année (une valise pour un voyage, une voiture pour une voiture, un sac de riz pour ne pas avoir faim,.). C'est la croyance dans la magie imitative : Quand on possède déjà la chose en petit, ce sera plus facile de l'avoir en grand!

Alasita Boucherie |

Alasita Camion |

Alasita Fruteria |

Alasita Valises |
Ekeko est encore un exemple de plus du grand syncrétisme qui existe entre la religion indienne traditionnelle et la religion catholique, entre le « natif » et l' « importé » des espagnols. Ekeko est entre autre le dieu de la maison des plusieurs peuples parlant aymara qui était traditionnellement fêté au solstice d'été (21 janvier en Amérique du Sud). Sa fête s'est fusionnée avec la date du 24 janvier qu'a choisi le gouverneur Sebastian Segurola pour honorer la Vierge de la Paix de la libération de la ville du siège de Tupak Katari.
La légende d'Ekeko
Bien avant la conquête espagnole, vivait dans l'Altiplano un indien aymara du nom de Iqiqu. Il était de petite stature, humble, généreux et joyeux. Sa bonté était telle que partout où il passait, il harmonisait les existences, cultivait les bonnes relations, réunissait les amoureux. Il donnait en outre de bons conseils et sa seule présence indiquait des jours heureux.
Pour améliorer ses qualités, "el Apu Qullana Qullo" (Dieu le Père Divin), qui demeurait dans les hauteurs sacrées du « khuno Qullo » (Montagne Sacrée), lui donna des qualités merveilleuses. Ainsi il pu réaliser des grands exploits, comme transporter d'énormes pierres, assécher des rivières, ouvrir ou déplacer des montagnes. Il le fit de bon cour et avec tout l'entrain nécessaire, tout lui obéissait, et pour cela, les gens le suivaient.
Ceci fut interrompu par l'arrivée de "Awqa" (l'être malin) et son armée destructrice. Son aspect de jeune barbare et sa peau blanche se combinait avec son esprit mauvais. Prenant note des faveurs reçues pour les populations qui suivaient Iqiqu, il ruina leurs terres, tuant férocement tous ceux qui lui résistaient. Il obtint une approbation forcée des plus faibles d'esprit.
Pour ne pas être capturé, Iqiqu se cacha dans d'autres régions, toujours avec le soin de ne pas affecter les populations locales qui pouvaient être les victimes suivantes d'Awqa. Un jour, il entra dans un Ayllu (territoire politique) où se réunissaient les gens pour mettre au point un système d'entraide entre agriculteurs. Au même moment, Awqa et son armée surprenaient la réunion. Plutôt que de voir massacrer ces gens, il préféra se rendre au Malin.
Sans plus attendre, Awqa ordonna de torturer le prisonnier, et après quelques heures de le démembrer. La tête, les bras, les jambes et autres parties du corps furent enterrées en différents endroits secrets de l'Altiplano pour éviter une future réunion qui redonnerait vie au bienfaiteur.
Certains anciens croient que le temps de la réunion viendra. D'autres assurent que certaines parties du corps sont déjà en chemin vers « Wiñay Marca » (la cité éternelle), où elles attendent les autres parties du corps pour se réunir, veille de l'émancipation du peuple aymara.

Ekeko antique de pierre |

Ekeko de métal |

Ekeko actuel en céramique |
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